La minute coach@ – Comment transformer ses échecs en facteurs de réussite ?

mandelaVous avez sûrement entendu parler du livre de Charles Pépin : « Les vertus de l’échec ». Je vous propose ci-dessous mon regard sur ce thème à partir de ce livre et d’autres lectures sur le sujet.

Pourquoi l’échec fait-il peur ?

La France a la passion de la norme, l’échec y est montré du doigt. L’école républicaine, normative et égalitariste, ne valorise pas assez la singularité. Ainsi, selon une étude de la commission européenne consacrée au délai  entre l’échec et le rebond entrepreneurial,  l’Hexagone est le pays où la durée est la plus longue : 8 ans !

La France a aussi une approche essentialiste : « je suis ce que je fais ». L’approche existentialiste offre d’autres possibilités : « deviens ce que tu es », c’est le chemin que je parcours qui me permet de me rapprocher de mon essence et de ma vérité.

Et pourtant les expériences infructueuses ne manquent pas dans une vie et ce dès le plus jeune âge ! Savez-vous, par exemple, que vous êtes tombé en moyenne 2 000 fois avant de savoir marcher ? C’est le fondement de la méthode empirique d’apprentissage qui mène à la maîtrise d’un savoir-faire.

Une des plus grandes vertus de l’échec, c’est qu’il donne une belle saveur au succès parce qu’elle a l’épaisseur de l’expérience et des apprentissages accumulés.

Alors échouez souvent, échouez rapidement! Provoquer plusieurs rencontres avec l’échec, non seulement démocratise notre relation avec ce dernier et dissipe nos peurs, mais nous rend plus compétent dans le domaine de la prise de risque. A l’inverse, plus on échoue tardivement, plus la chute est dure et le temps de remonter en selle plus long.

Nous allons voir comment changer notre regard sur l’échec, comment le dédramatiser et en faire une source d’opportunité et un levier de réussite.

Comment transformer l’échec en facteur de réussite ?

« La chute n’est pas un échec, l’échec est de rester là où nous sommes tombés » Socrate

  • La première condition, c’est de reconnaître son échec, de l’assumer.
  • La deuxième c’est de ne pas s’identifier à son échec. Ce n’est pas parce que j’ai échoué que je suis un loser ! C’est mon projet que je n’ai pas réussi.
  • La troisième c’est de sortir de la logique cartésienne. La logique cartésienne c’est soit je réussis, soit j’échoue : il n’y a que 2 options. Pour Descartes, l’échec traduit un mauvais usage de notre volonté. De l’autre côté de l’Atlantique, la vision est tout autre : l’échec est une preuve d’audace et une expérience enrichissante. Ainsi, dans la Silicon Valley, les capitaux-risqueurs demandent aux entrepreneurs combien de fois ils se sont plantés. Il s’agit de développer cette culture de l’erreur et d’adopter une approche par itérations successives, où ce qui compte c’est de tenter et de voir ce qu’on fera de cette expérience.

Une fois ces 3 conditions réunies, je prends le temps de réflexion et d’introspection nécessaire pour interroger cet échec. En effet, le scénario d’échec repose sur le fait que « toujours plus de la même chose produit toujours les mêmes effets ». Je remplace «j’ai échoué» par « j’ai appris ce qui ne marche pas et je ne compte pas le reproduire ». C’est ce que Charles Pépin appelle « la sagesse de l’échec ».

Pour reprendre les mots de G. Bachelard : « La vérité est une erreur rectifiée »

L’échec comme source d’opportunité

« Je ne perds jamais, soit je gagne soit j’apprends » Nelson Mandela

Quand on tombe au fond du gouffre, regarde-t-on ses pieds ou lève-t-on la tête pour rechercher la lumière et une issue de secours?

  • 1ère opportunité : L’échec qui rend plus fort. Il induit une insistance de la volonté et nous donne la force de persévérer dans la même voie. Le fait d’échouer permet de rompre avec une spirale énergétique qui fait qu’on retente toujours la même chose pour augmenter sa compréhension du réel et explorer de nouvelles façons de faire, « corriger le tir » en mettant son énergie au bon endroit. C’est par exemple Rafael Nadal qui améliore son jeu et son mental après avoir essuyé des revers à 13, 14 ans notamment contre Richard Gasquet. Aujourd’hui les rôles se sont inversés.
  • 2ème opportunité : L’échec qui rend plus humble, plus sage et empathique. C’est le retour à l’humus et donc à la créativité. Il permet d’accepter que la voie dans laquelle on était n’est plus la bonne et de prendre le temps d’explorer son désir profond pour se réinventer en se rapprochant de son axe, de sa vérité et bifurquer vers une nouvelle voie. A l’exemple de Serge Gainsbourg, qui a réussi dans la chanson parce qu’il avait d’abord échoué dans sa carrière de peintre.

On peut aussi apprendre des échecs des autres, de son entourage, de personnalités connues. Ainsi, les initiatives se multiplient en France après avoir connu le succès outre-Atlantique :

    • Chaque mois, Quentin Périnel, journaliste au Figaro, recueille le plus bel échec d’une personnalité
    • Les FailCon, conférences de l’échec ont été importées des Etats-Unis où elles existent depuis 2011.

Alors, osons l’échec ! Adoptons la « joie du combattant » et gardons la « sagesse de l’échec », y compris lorsque nous réussissons afin de nous réinventer et de tirer profit de chaque expérience !

Nathalie CHATILLON

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