La minute coach© – Savoir saisir sa chance

« La chance sourit aux audacieux » Virgile, l’Enéïde

La chance. On la souhaite aux autres en permanence, spontanément : « bonne chance ». On en rêve tous comme si elle tombait du ciel sans qu’on y puisse grand-chose ; le mot « chance » d’ailleurs, en anglais, signifie hasard. Pourtant, certains semblent avoir développé une capacité à l’attirer, à la reconnaître et à la saisir au bond, avant qu’elle ne s’envole.

Et si, comme le dit Aldous Huxley, « La chance ce n’était pas ce qui vous arrive mais ce que vous faites avec ce qui vous arrive » ? S’il s’agissait avant tout de savoir la provoquer, de mettre en place les conditions nécessaires à son expression et de savoir porter un regard positif sur les situations qui se présentent ? Comme le dit Philippe Gabillet, conférencier et professeur de Psychologie et de Management, « être in the mood for luck » et quand le moment est venu avoir l’audace d’agir !

Et si vous décidiez, dès à présent, de faire partie des chanceux ?

Voici quelques clés pour muscler cette compétence :

Avoir une intention et croire en ses envies

Pour saisir sa chance, il est essentiel de savoir ce que l’on considérera comme une opportunité : quelles sont nos envies, quels sont nos rêves, quelles sont nos intentions et nos objectifs ? Qu’est-ce que cela changera dans nos vies ?

Première clé : définir clairement ses objectifs.

Avoir des objectifs c’est se donner la possibilité d’envisager sa route en termes de choix. C’est être à même de repérer les « ouvertures » qui correspondent à ses besoins. On va alors mener des démarches, investir des territoires et prendre contact avec des personnes qui pourront déclencher l’apparition d’opportunités en lien avec ses objectifs.

Ainsi pour un salarié en période de transition professionnelle, il est indispensable de bien définir son projet professionnel avant de solliciter son réseau sinon tout le monde perd son temps et le réseau ne le pardonnera pas.

Etre connecté, curieux et surfer sur les occasions qui se présentent

Les chanceux sont rarement des égoïstes. Plus j’ai eu l’occasion d’être une chance pour quelqu’un, plus j’ai une chance que l’autre me propose une occasion favorable.

Deuxième clé : être connecté et avoir une bonne dose d’ouverture et de curiosité.

Saisir sa chance consiste aussi à mettre en place les conditions favorables pour qu’elle survienne. Ce n’est pas en restant dans son coin qu’on va avoir des opportunités. Mais c’est avec et par les autres qu’on y parviendra. Il est essentiel de cultiver différents réseaux aussi bien formels qu’informels : réseaux liés à son secteur d’activité, associations de parents d’élèves, associations sportives… sans oublier de parler autour de soi de ses projets et de ses envies. Un jour, on pensera à vous.

Et il faut bien sûr être en mesure de voir et d’entendre les occasions qui se présentent. Un article qui met sur la voie d’un atelier ou d’un livre, une conversation qui met sur la piste d’un nouveau job, une conférence qui mène à une formation, une rencontre décisive pour un projet de start-up…

Faire preuve d’audace et sortir de sa zone de confort

La vie commence quand on sort de sa zone de confort !

Goethe disait : « Quoi que tu rêves d’entreprendre, commence-le. L’audace a du génie, du pouvoir, de la magie. »

Troisième clé : identifier ses enjeux et sauter le pas !

Il s’agit de vivre en audacieux responsable c’est-à-dire en prenant en compte le risque et la finalité. Cocteau disait « L’audace, c’est de savoir jusqu’où on peut aller trop loin. »

L’idée, c’est de se demander ce que l’on risque si l’on renonce à son projet. Quand on évalue un projet, on omet souvent de mesurer les risques d’un statu quo. Que se passera-t-il si on reste dans ce poste qui ne nous convient plus ? Quel est le risque de ne pas demander une promotion ou de ne pas se positionner sur une nouvelle mission ? Regrettera-t-on un jour de ne pas avoir osé ?

Il est aussi très efficace de se projeter dans l’action que l’on souhaite entreprendre pour surmonter ses peurs. Quel sera l’impact positif sur nous quand nous aurons osé ? Qu’est-ce qui changera concrètement ? La visualisation d’un futur positif et inspirant peut être un déclencheur puissant pour se permettre d’oser. Et ensuite, le point clé est de se lancer. La première action est souvent décisive pour entrer dans un cercle vertueux d’énergie qui rendra les pas suivants plus faciles.

Cela implique toutefois aussi d’être conscient que la chance n’est pas toujours au rendez-vous. Il peut y avoir des revers, des impasses et des coups de malchance. Les chanceux prennent des risques et connaissent des échecs, des tensions, des conflits. Ils en font l’occasion de repartir vers une nouvelle situation favorable. Pour en savoir plus sur cette partie, vous pouvez vous référer à mon article sur « Comment transformer ses échecs en facteurs de réussite » !

Une étape essentielle pour muscler cette compétence de manière efficace et durable est de combattre ses « croyances limitantes » :

Les croyances limitantes, qu’est-ce que c’est ?

Une croyance limitante est une pensée qu’on considère comme vraie alors qu’elle nous bride et nous empêche de faire ce que nous voulons vraiment ! Elle provient de notre éducation, de notre histoire, de notre personnalité et d’expériences passées. Combien de fois ai-je entendu : « Le réseau ce n’est pas pour moi, je n’ai jamais su aller vers les autres. » ou « Parler en public, ce n’est pas mon truc. J’ai l’impression de perdre mes moyens » ou encore « Manager une équipe, j’aimerais bien mais je n’ai pas assez de leadership ! »

Nous n’avons pas toujours du pouvoir sur ce qui nous arrive, mais nous pouvons changer notre réaction à ce qui nous arrive c’est à dire remettre en question notre logiciel intérieur, notre façon de penser et gérer nos émotions avec plus de discernement.

 Alors comment combattre ses croyances limitantes ?

 Première clé : être capable de les repérer

Voici quelques expressions type de croyances limitantes :

  • J’aimerais bien faire ça mais…
  • Je sais bien que ce n’est pas fait pour moi.
  • C’est impossible, je suis trop âgé, étourdi, impatient… ou au contraire pas assez organisé, audacieux, adaptable… pour faire ça.
  • Mes parents/amis/employeurs n’accepteront jamais ou le prendraient mal.
  • C’est différent pour les autres.
  • Quand quelqu’un me dit ça ou ne m’appelle pas, cela prouve qu’il ne s’intéresse pas à moi.
  • Pour prétendre à ce poste, c’est important de…donc ils ne voudront jamais de moi.

Dès que vous vous entendez prononcer ces phrases ou les penser, il y a de fortes chances qu’elles soient la manifestation d’une croyance limitante sur vous-même.

  • Deuxième clé : se connecter à ses ressources, pour remplacer ses pensées limitantes par des pensées positives et facilitantes sur soi-même, sur les autres et sur les situations.

Imaginez-vous en train d’atteindre votre but. Visualisez le scénario positif, avec vous dedans. Si on vous a donné des feedbacks positifs, si on vous a dit que vous pouviez faire quelque chose, prenez le feedback et intégrez-le à vos atouts.

Listez toutes les réussites que vous avez à votre actif, les objectifs atteints, les bonnes décisions, les actions et compétences que vous avez mises en œuvre pour atteindre ce résultat dont vous êtes fier :

  • Je suis capable de…
  • Je suis satisfait de…
  • J’apprécie (en moi)…
  • Je suis fier d’avoir accompli…
  • Troisième clé : Reconnaître et utiliser sa puissance personnelle
    • Connaître et utiliser ses ressources
    • Connaître ses limites et les accepter
    • Accepter de se confronter à la réalité : agir pour ne pas subir
    • Accepter de n’être pas capable de tout contrôler et tout maîtriser : lâcher prise
    • Accepter de demander conseil aux personnes compétentes : être humble

Cette étape fondamentale n’est pas simple car il faut lutter contre la force des habitudes et des comportements ancrés de longue date. Il est souvent utile de se faire aider d’un coach pour combattre ses croyances limitantes et surmonter les freins qui brident notre développement personnel et professionnel.

La chance c’est donc une compétence qui se développe grâce à un travail sur soi et une gymnastique régulière de l’esprit : être capable de créer les conditions favorables, d’adapter son comportement aux situations qui se présentent, faire preuve de curiosité, croire en soi et oser ! C’est aussi un travail de relation aux autres : s’ouvrir à un engagement généreux et fécond dans nos différents réseaux.

Alors « in the mood for luck » et que la force d’oser soit avec vous !

Nathalie Chatillon

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